Anthropologies numériques 2/2

21/03/2013

14h-22h

2ème journée des rencontres "Anthropologies numériques" proposé par Le Cube et Les écrans de la liberté

14H-16H : TRAVAIL, JEUX ET GESTES


Chronique d'un film de François Bucher
Présentation et projection, 30mn , 2011, France

A partir des rushes du Chronique d’un été de Rouch/Morin, le cinéaste François Bucher réalise en 2011 un film de 6 heures qui "documente" la démarche anthropologique et expérimentale des protagonistes du film de 1960. Par delà  l'archive, ce Chronique d'un film, proche des pratiques de found-footage du cinéma expérimental,  fait de la réflexivité un principe méthodologique, et du remploi d'images rebus une pratique contemporaine d'un cinéma à vocation scientifique.

François Bucher, d'origine franco-colombienne, est un cinéaste d'art contemporain. Il vit à Berlin et enseigne en Allemagne, Suède, Etats-Unis et au Mexique.

Monique Peyriere, historienne, enseignante au Master 2 pro Image et Société de l’Université d’Evry, est chercheuse au Centre Pierre Naville, Université d’Evry, et chercheuse associée au Centre Edgar Morin (IIAC/EHESS-CNRS)

Corps de métiers du Collectif Adélaïde and Co
Présentation et projection, 30mn, 2012, France

Corps de métiers est une action artistique menée avec des femmes et des salarié(e)s sur le travail. Qu’agissons-nous dans le travail au-delà des gestes que nous effectuons et des tâches qui nous sont confiées ? Qu’est-ce qui de nous-mêmes est persistant ?  En juin 2012, huit femmes, accompagnées par le collectif d’artistes Adelaïde&Co, exposent leurs rapports au travail en partant d’un geste de métier.

Fragments d'une folle course immobile de Léonie Marin, Virginie Sassoon
Autoportraits du travail physique en sciences sociales, 2mn30, 2013, France

Léonie Marin et Virginie Sassoon sont docteures en Sciences de l'Information et de la Communication. Elles ont toutes deux achevé leur thèse -au sens propre comme au figuré-, dans l'appartement où ont été prises les images qui constituent le film. Le travail de recherche en sciences sociales est probablement l'un de ceux dont les postures sont les moins spectaculaires. A travers quelques gestes symboliques du quotidien, Léonie et Virginie ont souhaité incarner le travail physique de l'écriture : répétitif, silencieux, incroyablement immobile et solitaire. Finir une thèse demande une endurance qui confine parfois à la folie. Comme l'écriture en recherche, le stop-motion est une technique qui demande patience et minutie. Elle s'est imposée comme la plus appropriée pour traiter ce sujet, semblant donner vie à des corps inanimés.
www.youtube.com/watch?v=aRGUMTuFFfE&feature=youtu.be

Passe Temps de Laura Mergoni
Film,  15mn, Italie-France, 2009-2012

Passe Temps est un projet en évolution constante commencé en 2009. Les films  sont rythmés par le rituel coloré, hypnotique, intemporel qui caractérise l'essence de chaque jeu. Du lieu public à l'intimité de sa propre maison, dès lumières vivaces et saturées d'un Flipper à celle, lunaire, de l'écran d'un ordinateur, jeunes et vieux, hommes et femmes, en groupe ou isolés, jouent.

Laura Mergoni est née en Italie. Elle vit et travaille entre la France, l’Italie et l'étranger. Elle développe ses recherches à travers le dessin, la sculpture, l'installation et la vidéo. Son travail a été présenté, entre autres, à la Biennale des Jeunes Artistes de Moscou, à La Fondazione Carispe de La Spezia, à La Cinémathèque de Bologna, au Musée Reina Sofia de Madrid.
www.lauramergoni.com/Pass-Time

16H30-18H30 : EXERCICES DE MEMOIRES

 

Non fiction: Normalcy de Juan Orrantia
Projet multimédia, 15 mn, Colombie

Entre imagination et mémoires, ce travail se construit à partir de photographies, de vidéos et de sons, permettant d’aborder les espaces intimes et les moments de vie à la suite de la terreur qui a régné dans ce village proche des côtes Caraïbes où plus d’une trentaine d’hommes ont été massacré en 2000 par des groupes paramilitaires. Six ans après le massacre, l’auteur retourne dans le village.

Juan Orrantia travaille comme artiste et documentariste à partir du pouvoir évocateur de la photographie, en lien avec des textes, des images d’archives et des sons.
sensatejournal.com/2012/08/normalcy

L'iconopathe de Isabelle Massu
Projet en ligne , 45mn, France

Déplacer les éléments, réassembler les histoires, agencer la mémoire, perpétuer les attachements, disposer les affinités, détourner les corps les uns des autres, retourner les valeurs, structurer les petits arrangements, radiographier les week-end, afficher les dissimilitudes, accorder les violons, orchestrer le quotidien, planifier les rencontres, inventorier les évidences, classifier les classes, scruter les  représentations, interférer les douleurs,  tramer les colères, sécuriser les peurs, syndiquer les baisers, sourire aux corrélations, recomposer les familles, hiérarchiser les liaisons, attribuer les légendes, disséquer les rituels… Tel est l'ouvrage de « l'iconopathe » qui va, petit à petit, peindre et dépeindre ses séries de retables organisés selon les 37 catégories établies par  The Family of Man.

Ce projet a été réalisé par Isabelle Massu professeur de culture visuelle à l'Institute des Beaux arts de Besançon/franche-Comté dans le cadre d'une résidence à Kawenga territoires numériques, à Montpellier. Il a bénéficié d'une aide à la création multimédia Région/DRAC Languedoc-Roussillon. Développement du site : Timothée Rolin
www.iconopathe.net

Tigritude de Claude Bossion et Agnès O’Martins
Projet multimédia, 30mn, France

Tigritude est une installation multimédia générative qui interroge la conservation, la transformation et la transmission de la mémoire en post colonie. Le visiteur est invité à assister à l’expérience d’exhumation et de réanimation des archives, basée sur une programmation reprenant les principes de divination Fa, issu de la mythologie Vaudou.  L’oracle délivre un message sur le passé, le présent ou le futur. Le titre Tigritude est tiré de la réponse que fit Wole Solinka* à Léopold Sédar Senghor en opposition au concept de négritude. En 1962, l’heure n’est plus à la seule revendication de l’identité, mais le temps de son affirmation par l’action est venu : «Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore»
www.circuit-court.org

19H30-21H : IMAGINAIRES HORS CADRE

 

Miramem de Khristine GILLARD, Marco REBUTTINI
Film,  22 mn, 2011, France

Miramen provient du provençal, mirage. La Camargue est une île qui demande à l’homme qui l’habite de faire corps avec elle. Ce monde de l’entre deux, entre terres et eaux, est celui de la rencontre du fleuve, de la mer et de la communauté des étangs. C’est un monde de gestes — ceux du gardien-centaure, du pêcheur d’étang, du tellinier, du chasseur des marais — inscrits dans les corps et les paysages. Une relation au sauvage. Là, veille la Bête

Khristine Gillard est membre fondatrice de LABO laboratory for research and processing of Super 8mm / 16mm film à Bruxelles. Dans le cadre de l’installation Le Matin des eaux, elle a collaboré aux parties visuelles et sonores pour l’aspect métamorphose des corps. Elle a aussi travaillé sur le projet Destra o Sinistra (projection-performance super8+16mm avec LABO) projets incluant des multi-projections. Réalisatrice du documentaire Des Hommes (2008), elle travaille actuellement à son prochain documentaire long métrage qui devrait se tourner sur une île volcanique au Nicaragua.

Marco Rebuttini a travaillé avec les jeunes en difficultés en leur proposant des projets d’escalade. Il a fondé également une compagnie spécialisée dans l’organisation de performances, situées dans les lieux inaccessibles.
ambiancesproductions.over-blog.com/pages/Miramen_Khristine_Gillard-5644589

Delhi at 11 : Why not a girl ? de Anshu Singh
Film, 17 mn, Inde, 2012

Anshu, élève de 11 ans qui vit à Delhi, nous invite à partager sa vision du monde, son imaginaire de jeune fille et son univers quotidien, grâce à la formation au langage cinématographique qu’elle a pu recevoir au cours d’un atelier organisé par le réalisateur David MacDougall. Cet atelier avait pour but de favoriser l’émergence de visions nouvelles concernant les idées et les perspectives que les enfants indiens peuvent avoir aujourd’hui sur leur propre société. Ce film a été produit dans le cadre de la cooperation avec la Delhi School of Economics et l’Université de Delhi.
rsh.anu.edu.au/people

Laissez ici toute espérance de Charles Habib Drouot
Film, 35 mn, Belgique, France, 2012

Le Chinagora, au confluent de la Seine et de la Marne, reproduction kitsch de la Cité Interdite, dont seul le luxueux hôtel survit encore. Après sa mort, un homme y échoue et nous raconte l'éternité et la solitude.

Les réalisations très personnelles de Charles Habib Drouot, entre fiction et documentaire, mettent en scène la parole - la manière dont elle façonne des récits et déploie des visions du monde. Dan Un Documentaire sur mon père (2009), il faisait parler les membres de sa famille autour du suicide de son père, sans qu'une vérité unique puisse jamais émerger.
triptyquefilms.chez.com/charles_h_drouot

Magnifications de Wild Shores
Performance audiovisuelle, 20mn, France

Que dire de la magnifique beauté d’une peau humaine approchée dans ses détails les plus infimes, chacun irisé d’une couleur infinie…

Wild Shores est un trio composé d’Evelyne Hebey, Fred Nouveau et Marc Roques. De cette rencontre est né un univers poétique où les machines sont au service de l’émotion et de l’âme humaine. Au travers de leurs musiques, de leurs films, de leurs installations, Wild Shores interroge le monde, nous donne à voir leur vision de la société et nous interpelle. 
Leur création est intuitive, instinctive, brute. Ils la renouvellent grâce à la rencontre, l’échange, le croisement. Mélangeant les sons et les images, les musiques électroniques et les sons tribaux, Wild Shores invite d’autres artistes, poètes, musiciens, à créer ensemble.
wild.shores.free.fr

Télécharger le programme complet

Édition conçue et organisée par Jacques Lombard et Nadine Wanono, Les Écrans de la Liberté et Le Cube.

Programmation
Carine Le Malet, Le Cube
Jacques LombardLes Écrans de la Liberté
Julie Peghini, Université Paris 8
Gilles Remillet, Université Paris Ouest
Nadine Wanono, CEMAF, Les Écrans de la Liberté