Table ronde : L'émergence d'une vraie culture "indie" en France grâce à internet

07/11/2015

16h-18h

Nicolas Dehorter, blogueur entrepreneur et auteur du premier guide français sur le crowdfunding, propose une table ronde pendant la Social Good Week, sur le thème de la liberté de la culture indie en France grâce à Internet.

La Social Good Week fait connaître, fédère et encourage les porteurs de projets qui utilisent le numérique au service de l’intérêt général. Chaque année, ce sont des centaines de participants qui créent des événements pour échanger sur les idées et les solutions innovantes en faveur du changement social.

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Table Ronde - samedi 7 novembre de 16h à 18h :

La révolution numérique est en marche. Un seul mot peut résumer ce que nous vivons : bouillonnement. Non pas le désordre, mais une recherche créative, fruit des bouleversements technologiques et d’un internet libre.

Le cinéma contraint à s’adapter
Considérés longtemps comme des défricheurs de talents et les premiers filtres, les producteurs, les labels et les éditeurs sont, malgré leur résistance, contraints de s’adapter ou voués à disparaître. Au cours des quinze dernières années, le monde du cinéma a fait d'énormes efforts pour démystifier le processus de production et donner accès au cercle fermé du financement et de la distribution. Cette ouverture a été un premier pas important mais n'a pas donné aux cinéastes le pouvoir.

L'indé, le vrai indé, est encore dans l'enfance
Le monopole économique détenu pendant des années par quelques grands producteurs et distributeurs est rompu, notamment en raison de nouveaux modèles économiques basés sur l’accès numérique. Le streaming, le Peer to Peer, la vidéo à la demande, le multitasking, l’émergence de nouvelles formes narratives (comme les vidéos virales sur Youtube ou le transmédia) produisent de nouvelles habitudes de consommation, de nouveaux critères de choix.
Nous sommes à une étape décisive faîte d’incertitudes. Mais si cette situation est critique pour l’économie du cinéma, elle n’est pas ressentie aussi durement par un certain nombre d’acteurs indépendant. Bien au contraire !

Certains artistes reprennent leur destin en main : «  On n’a pas d’argent, mais on a des choses à dire. A montrer. A partager »
Oui, il y a changement, mais cela peut être l’avènement d’un vrai cinéma indépendant, d’un cinéma dirigé par les créateurs en relation avec le public et non pas par le marketing et l’appareil de distribution. L’avenir est incertain, la tendance pour voir émerger une culture libre est même défavorable…
Si certaines tendances vont continuer à s’imposer et transformer la société (la prise de pouvoir des consommateurs, la libéralisation des contenus et le recherche de l'expérience et de la valeur ajoutée.) et favoriser l’ouverture, d’autres paramètres ont des contours incertains comme la réaction évidemment du monde du cinéma, de son adaptation, sans oublier le public qui a le premier rôle en acceptant de s’impliquer par le crowdfunding notamment et en prenant conscience si l’on peut dire que l’on a la culture que l’on mérite.     
Internet offre des opportunités à ceux qui savent les saisir. En France, de nombreux freins demeurent, mais des pistes existent.

Une culture indie à la française est-elle possible ?
Les américains sont créatifs et entrepreneurs, peut-être plus que nous. Ils ont un quelque chose que nous n’avons pas du tout, c’est-à-dire la culture Indie. Là-bas, le mot « indie » fait du sens. Chez nous, ça fait « indépendant », cela ne veut pas dire grande chose. A la base « indie », c’est alternatif, ça peut même vouloir dire subversif.
J'ai souhaité apporter mon énergie pour favoriser la découverte de ces solutions, que sont notamment le crowdfunding ou les licences Créatives Commons, afin de sortir des débats idéologiques sur le gratuit et tout ce qui a pu être lié aux notions de vol et de piratage, qui ont perverti la recherche de vraies solutions intéressantes pour tout le monde, créateurs comme consommateur et enfin se poser la question de savoir si ces outils, ces alternatives aujourd’hui permettent-elles vraiment de créer librement.
Le crowdfunding reste-t-il uniquement une alternative complémentaire ? Une culture indie s’appuyant sur les internautes est-elle vraiment possible notamment en France. Si oui, quels sont les ingrédients, les facteurs pour que la sauce prenne vraiment et que l’on puisse libérer la créativité et ré enchanter la relation avec le public.


Invitation pour échanger sur le sujet :
•    Jean Marc Culiersi : producteur Film du Lion – porteur du projet d’une adaptation d’une pièce de Jean Luc Lagarce, derniers remords avant l’oubli, au cinéma.          
•    Timothy Duquesne : scénariste, auteur de l’avenir des pixels est entre nos mains.
•    Hervé Maziol : de Divine Barbarians et Movie Makers Tribe
•    Manuela Morgaine : réalisatrice du film Foudre