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  • Hervé Azoulay

agir pour libérer l’engagement : les réseaux à la source du futur


Nous entrons dans une économie de l’intelligence ajoutée, des savoirs multipliés, des réseaux vivants de connaissances qui élimineront les équipes sans âme. La croissance exponentielle de l’information rend le monde plus complexe à appréhender. En effet tous les réseaux génèrent beaucoup de variété, pour avoir de la spécificité, indispensable dans le développement de tous les systèmes. Il faut donc que notre système de valeur devienne plus spécifique et qu’il sache choisir la bonne information noyée dans un flot d’informations ! L’entropie du choix devient donc fondamentale pour augmenter la spécificité, source d’efficacité et de survie. Il en va de même pour le langage qui ne peut plus représenter toutes les interactions du réel du fait de l’explosion de l’information. Il doit s’adapter au monde réel par des langues plus spécifiques et par des métalangues mieux adaptées.

Pour faire face à cette complexité, nous devons avoir un regard tourné vers la décentralisation, c’est à dire descendre dans l’échelle du système pour parvenir aux cellules. C’est l’organisation en réseaux ! Les réseaux agissent comme des cellules vivantes, s’adaptent, se démultiplient en transmettant leurs codes génétiques ! Ils ont dans leurs gênes : la confiance, la créativité, l’initiative et l’engagement de tous. L’humain est au cœur du dispositif ! Ils deviennent des lieux collectifs pour agir, expérimenter, et partager en confiance. La force des réseaux ne repose pas sur une seule personne, mais plutôt sur la résonnance permanente entre l’engagement visible de quelques leaders et celui de nombreux militants tournés vers l’être plutôt que l’avoir, ce qui permet de donner du sens à la vie. Il s’agit de faire alliance dans une dynamique qui articule les intérêts individuels à l’intérêt collectif. Une goutte d’eau prise dans un océan s’évapore rapidement, mais chaque goutte qui tombe dans un océan ajoute au pouvoir de cette immense étendue. C’est l’étendue des organisations en réseaux qui reposent sur des idées fortes, sur une vision commune des valeurs et sur des convictions humaines. C’est dans ce type de réseaux que se trouvent les gisements d’une nouvelle société pour développer les idées afin qu’elles  se transforment en actions.

Pour agir, nous devrons lutter contre les systèmes pyramidaux qui, par essence, sont centralisés. Nous savons que plus un système est centralisé, plus il est sourd à tous les problèmes rencontrés et paralyse le changement de notre société. Nous avons en France de nombreuses structures bureaucratiques, encadrées par une organisation pyramidale d’un autre âge, où la  lourdeur  hiérarchique  et  la  langue de bois ont développé l’irresponsabilité et le conformisme. Il faudra changer pour réussir le monde du futur ! Le changement c’est comme un escalier, il se franchit par paliers et le bon sens veut qu’il se balaie toujours par le haut ! Alors commençons par notre élite, sourde aux changements, issue de l’ENA et des Grands Corps de l’Etat, qui verrouille depuis plusieurs décennies tous les postes de décision de notre société. Toutes ces organisations hermétiques et cloisonnées défendent avec acharnement leurs prérogatives et leurs statuts. Elles sont tellement bien enracinées dans les mécanismes de décision en France qu’il paraît difficile d’envisager une profonde transformation. Il en va de même pour les citoyens qui s’inquiètent de l’absence de réformes, mais peu d’entre eux admettent de renoncer à leurs avantages ! Demain, nous aurons besoin d'hommes sans frontières, mobiles, s'appuyant sur leur capacité à innover, à créer, à partager, à être des communicateurs et non pas des hommes organisés en castes s'appuyant sur leurs titres, leurs rangs et leurs diplômes. Leurs formations devraient se concentrer sur l’aspect humain des métiers pour apprendre à créer, à penser différemment et à donner du sens à l’action.


Hervé Azoulay