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  • Nils Aziosmanoff

édito n°13 émancipation

Il y a plus de deux mille ans, Aristote imaginait des « instruments capables de mener par ordre ou pressentiment leur œuvre propre », des machines intelligentes et autonomes, conçues pour nous servir. Cette vision trouve aujourd’hui sa concrétisation avec les développements de l’intelligence artificielle et de la robotique. La production de biens et de services se renouvelle à l’aune de l’automatisation des tâches, des algorithmes prédictifs et de la personnalisation de masse. Par un miracle anthropologique qui défie l’Histoire, l’homo numericus repousse chaque jour les limites du possible en multipliant les innovations dans tous les domaines. Facilitant toujours plus notre quotidien, le numérique s’impose dans nos vies au point de faire du solutionnisme technologique la réponse à tout. Mais ses effets sur nos modes de vie sont si profonds qu’ils interrogent le sens donné au progrès, ils nous exhortent à repenser le « faire société » à l’ère du numérique. Car si la puissance des machines vient aujourd’hui magnifier nos capacités, elle challenge nos compétences et interroge plus globalement notre humanité dans un monde de plus en plus automatisé.

De la crise économique aux fractures sociales, de l’urgence écologique aux enjeux 
de globalisation, la complexité croissante du monde appelle à un immense sursaut créatif, un impératif de réinvention. Issues des sciences, des technologies et de la création, les forces du renouveau concourent à l’édification d’un réel transformé par le numérique, un espace de sens inédit. Dans ce paradigme expérientiel où tout reste à inventer, un nouveau monde émerge, mais lequel ? S’il recèle déjà de fantastiques potentialités techniques, il n’en reste pas moins qu’il appelle à l’arrivée d’un être providentiel capable d’y bâtir une société meilleure.
 Un être créatif, apte à embrasser la complexité, à transformer les nouveaux possibles autour d’utopies fécondes.

Ce héros contemporain, c’est chacun de nous. Chacun appelé à « faire sa part » pour réinventer les modes d’éducation, de travail et de vie.
 À se hisser sur une nouvelle marche de l’évolution en se libérant des tâches aliénantes, en se dotant du savoir planétaire et en se donnant la puissance d’agir de millions d’individus. Cette histoire n’est pas une fiction, elle est une réalité en mouvement pour peu que nous le décidions.

C’est cette profonde aspiration à l’émancipation, à la capacitation et à la refondation collective qui anime Le Cube depuis 16 ans. S’inspirant d’Aristote pour qui « la surprise est l’épreuve du vrai courage », il appelle à répondre aux troubles du présent par la curiosité,
 la créativité et l’audace. Il invite chacun
 à investir la forge du numérique pour augmenter ses capacités, libérer sa créativité, et pour qu’ensemble nous puissions écrire et partager le récit du monde qui vient.

Nils Aziosmanoff, Président du Cube