• émancipation
  • Points de vue

  • Jean-Michel Pasquier

Emancip-action !

Notre société et les psychologies individuelles qui la composent sont ainsi faites : nous avons souvent tendance à revendiquer le changement et les évolutions pour l'intérêt général en tant que personne, alors que notre collectif et nos communautés ont beaucoup de mal à les générer puis les fédérer pour obtenir les mutations vers ce même bien commun ! Ces révolutions sont pourtant indispensables à la survie même de notre organisation sociale, voire même aujourd'hui à notre survie au sens premier du terme...

Ce vrai paradoxe, dont nous avons plus ou moins conscience, met en lumière un point essentiel, pratiquement de l'ordre de l'autocritique : nous allons devoir réellement nous révolutionner nous-mêmes au niveau psychologique et donc comportemental. Car un second paradoxe "piège" est à éviter absolument : une tendance exponentielle et factuelle à déléguer nos actions à une technologie invasive, alors que l'époque d'une complexité inouïe, devrait au contraire nous inciter à reprendre de plus en plus la main, pour réfléchir, arbitrer, décider et cadrer ce qui peut aussi devenir rapidement une perte totale de contrôle du système dans son ensemble.

A l'instar du concept de consomm'acteur qui peut et qui devrait dessiner par des comportements quotidiens le paysage de notre environnement et de ses acteurs, nous devons penser, presque en introspection, et au travers de nos gestes les plus simples comme de nos réflexions les plus complexes, aux incidences de chacune de nos décisions. Retrouver le sens de l'action par la mise en place d'actions pleines de sens.

Ici et là, depuis quelques années maintenant, de formidables initiatives citoyennes bourgeonnent, fleurissent, essaiment, preuves qu'un instinct vital se réveille toujours lorsque le potentiel inconfort de nos vies qui nous guette risque d'arriver à son paroxysme : pollution de nos aliments, terres immergées, pénurie d'eau, etc

Ces mini-révolutions vont dans le bon sens, car elles suivent simplement celui du bon sens, le plus ancré qui soit. Mais à l'opposé de nos parents qui ont été spectateurs et acteurs contraints d'une société de surconsommation destructrice, nous devons être aujourd'hui beaucoup plus que de simples accompagnateurs des solutions nouvelles des autres, même si elles sont vertueuses. Car changer de monde et retrouver nos libertés de vie les plus basiques ne se fera pas sans l'économie de toutes nos initiatives personnelles, de toutes nos suggestions, de toutes nos créativités : tout le monde possède une clé, tout le monde est potentiellement force de proposition pour une société plus équilibrée.

Entrons tout ensemble dans l'ère de l'émancip -action !

Jean-Michel Pasquier - KOEO